MEURTRES A CHATEAU-ARNOUX

de Gilles Milo-Vacéri

Éditions Nelson District

 

Résumé de l’éditeur :

Un automne sanglant s'abat sur la commune provençale de Château-Arnoux: deux morts sont retrouvés dans la mairie, alors que des tableaux ont disparu.
Devant des indices troublants, la Section de Recherches réclame des renforts et Paris missionne Enzo Battista, commandant de l’O.C.B.C. et spécialiste des oeuvres d'art, pour éclaircir cette sombre affaire.
Mais l'enquête s'avère plus compliquée qu'il n'y paraît, avec des ramifications à l'étranger, et l'opération Venise Pourpre s'amorce...
Entre révélations qui s'enchaînent et spectres ressurgis de la Seconde Guerre mondiale, Enzo et son lieutenant Marania Le Goff vont avoir fort à faire s'ils veulent en sortir indemnes.

 

Mon avis :

Ce livre m’a été offert par Gilles Milo-Vacéri lors de la journée de lancement de son roman, à la mairie de Château-Arnoux, en présence de sa maison d’édition, Nelson District. Je le remercie profondément pour cette journée VIP passée avec lui, et pour cette nouvelle découverte littéraire que je pourrais résumer en un seul mot : « addiction ».

 

Définition de l’addiction : conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y extraire.

 

« Meurtres à Château-Arnoux » a donc été la drogue à laquelle je n’ai pu me soustraire durant 72h : le temps de dévorer les quelques 450 pages du dernier thriller de Gilles Milo-Vacéri, occasionnant au passage deux nuits quasi sans sommeil !

Car le talent de Gilles Milo-Vacéri est indéniablement de captiver son lecteur, de l’emprisonner dans les méandres de son histoire et de faire naître en lui une irrépressible frénésie de lecture !

Comment arrive-t-il à cela ? Il faudrait sans doute lui poser la question directement, mais je vais vous faire part de mon ressenti en tant que lecteur et dévoiler ainsi quelques pièces maîtresses de l’auteur dans la conception de son roman.

 

Tout d’abord le fond de l’histoire…

Le livre commence à Paris, en 1942, par l’assassinat d’un couple juif par la Gestapo qui leur vole leurs œuvres d’arts. Rose Valland, alors directrice du musée du Jeu de Paume, arrive à subtiliser certaines des toiles volées en peignant par-dessus, les faisant passer pour de vulgaires copies.

En 2012, deux homicides ont lieu dans la mairie de Château-Arnoux, petit village de Provence et un vol de 11 copies de tableaux est commis. Quel est le lien entre ces deux passages me direz-vous ? Il faudra mener l’enquête avec Enzo Battista pour le découvrir. Certains diront qu’ils voient déjà la solution en lisant ces quelques lignes de résumé, mais l’affaire est beaucoup plus complexe que cela et il vous faudra voyager entre la Provence profonde, l’Italie, les USA pour résoudre cette énigme dans sa globalité…

Au travers de la résolution de cette enquête, Gilles construit son roman en se basant sur des faits historiques réels, mais en brodant par-dessus sa fiction. L’ensemble forme un tout très cohérent et plonge le lecteur dans un thriller des plus palpitants, où se confondent Histoire et fiction.

 

Sur la forme du roman…

L’écriture fluide de Gilles ainsi que le rythme de l’histoire plongent le lecteur dans une addiction complète. En effet, la lecture est continue et sans lourdeurs, simple et efficace. Le nombre d’incises est volontairement réduit et les narrateurs sont habilement introduits, de telle manière que le lecteur sait toujours qui parle. La structure du roman est très bien construite. Le rythme est effréné, et j’ai été en apnée tout le long de roman, dévorant les pages pour connaître la vérité.

 

Sur les personnages…

Le gros point fort de Gilles : créer des personnages avec leur caractère propre, leurs rituels, leurs mimiques, les rendant vivants. Et ce roman n’échappe pas à la règle !

Le commandant Enzo Battista, expert et enquêteur auprès de l’OCBC (Office Central de lutte contre le trafic de Biens Culturels) est LE personnage clé de ce roman. Le héros anti-héros, le gars simple mais acharné pour résoudre ses enquêtes là où les autres échouent. Le mec taillé pour ce job, un peu trop sûr de lui en apparence, mais dont on sent qu’il cache une énorme blessure au travers d’indices distillés subtilement par l’auteur tout au long de la première partie du roman.

Le lieutenant Marania Le Goff, affectée dans le service de Battista dès le début du roman, auprès duquel elle doit se former afin de diriger la branche polynésienne de l’OCBC dans un futur proche. Une femme de caractère et de conviction qui forme un tandem d’exception avec Battista, comblant ses lacunes en informatique et le complétant à merveille, formant un duo de choc !

Le gendarme Cyrille Vermont, détaché de la gendarmerie de Château-Arnoux et affecté au service de Battista le temps de l’enquête. Attachant et plein de vigueur, il fait le lien entre le terrain local et le duo des enquêteurs.

Plus que de simples enquêteurs résolvant une histoire d’homicides de plus, Gilles tisse des liens entre ces personnages, et les blessures de leurs passés cicatrisent au fur et à mesure que l’enquête avance. On résout à la fois les meurtres et le vol dans la mairie, parallèlement à l’évolution des personnages, ce qui renforce la puissance de ce roman.

Mais un bon thriller ne serait rien sans une panoplie de méchants tous plus charismatiques les uns que les autres. Je ne vous dévoilerai pas leurs noms ici car se serait gâcher votre lecture ! En tout cas, avec Gilles Milo-Vacéri, les apparences sont souvent trompeuses et je me suis retrouvé à soupçonner tous les personnages secondaires les uns après les autres avant de comprendre réellement le rôle de chacun dans cette histoire.

J’attribue une mention spéciale à Augusto Perigioni, parrain de la mafia italienne ! Cet homme m’a profondément touché : mélange de valeurs humaines, de droiture et pourtant truand parmi les truands. Cependant Gilles a fait de ce personnage un être si attachant, nous plongeant au cœur de la loi de l’Omertà et du monde de la mafia. Le passage chez ce parrain est sans conteste mon préféré dans le roman. Tout est réuni pour nous le faire adorer : l’univers de la mafia, du splendide, de la richesse et pourtant tant de valeurs humaines dont de simples hommes sont souvent dépourvus !

 

Vous l’aurez compris, « Meurtres à Château-Arnoux » est un thriller incontournable pour tout amateur de polar très bien construit, de roman au rythme effréné et de personnages hauts en couleur, tous plus attachants les uns que les autres, même parmi les ordures à l’origine de l’affaire ! Gilles Milo-Vacéri nous livre ici un excellent livre, présenté en deux parties en version numérique et réunies en un livre papier.

Seul danger pour le lecteur : ne pas voir défiler les heures et se retrouver piégé dans ce thriller totalement prenant ! Mais est-ce réellement un danger ou finalement une immersion jouissive dans une aventure palpitante ? À vous de faire votre choix…

 

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